Rêve chez le chien

Aris Sanchez CC BY-NC-SA 2.0/ Flickr

Pattes qui remuent, jappements, gémissements, sont autant de signes indiquant une activité importante pendant le sommeil du chien. Rêve-t-il pour autant ? Et à quoi ?

Le point maintenant.

Sommeil et rêve chez le chien

Pour faire simple, le sommeil du chien est décomposé en deux phases, comme chez l'homme, le sommeil profond et le sommeil paradoxal.

Sommeil profond

C'est une phase d'activité cérébrale très calme, le repos par définition, sans agitation psychique et physique. Elle est la plus longue des deux et la plus importante en matière d'équilibre psychique. Des chiens trop souvent inquiets, ne se sentant pas en sécurité, dérangés trop souvent pendant cette phase, sont les plus propices à développer des troubles du sommeil.

Sommeil paradoxal

Pendant cette phase (environ 20 % du sommeil total), l'activité cérébrale est quasi identique à celle en veille. Elle joue un grand rôle au niveau du métabolisme (maintient en vie, développement, adaptation, guérison, cognition, etc.). C'est pendant le sommeil paradoxal que se développent les « rêves ».

Un chien peut-il rêver ?

Nous avons tous à l'esprit Freud et son interprétation des rêves, leur symbolisme. Encore faut-il s'en souvenir au réveil, car la majorité ne laissent aucune trace mnésique.

Est-ce que le chien a accès au symbolisme, aux concepts ? En l'état actuel des connaissances rien n'est moins sûr. Le bien, le mal, l'inceste, le respect, l'érotisme, pas plus que la jalousie, la possessivité, la méchanceté, la vengeance, l'amour, etc., ne font pas partie de ses « valeurs ». La transgression même n'a aucune réalité pour lui : soit il obtient un bénéfice, soit il n'en obtient pas.

Mais les rêves n'ont pas qu'une valeur symbolique, et la majorité sont d'ailleurs le résultat de phénomènes bien plus « ordinaires » et pourtant tout aussi importants.

Rêve « biologique »

Plus illustratif que scientifique, ce terme englobe les formes de rêves provoquées par l'activité biologique propre au sommeil paradoxal. En effet, pendant cette phase, le cerveau réorganise ou régule certaines fonctions (hormonales par exemple), pouvant provoquer des mouvements ou sons en liaison : excitation, apaisement, satisfaction, inquiétude, etc.

On a ainsi pu observer des chiens en cours de cicatrisation « lécher dans le vide » pendant leur sommeil, du fait que le cerveau se « consacrait » à cette tâche (irrigation, anticorps, coagulation, etc.).

Rêve « somatique »

C'est ainsi que l'on pourrait qualifier certaines formes de rêves déclenchant des mouvements physiques : plissage des babines, mouvements du corps, mouvement des pattes, etc.

Elles peuvent avoir des origines « biologiques », mais aussi nerveuses (relâchement des tensions musculaires) ou cognitives (en lien avec la mémorisation).

Des chiens ont pu être observés salivant ou lapant dans leur sommeil alors que de bonnes odeurs de cuisine étaient diffusées. Aussi des claquements de dents après une période de jeu intense. Ou encore un galop « frénétique » après une séance d'agility.

Rêve et apprentissage chez le chien

Le sommeil paradoxal joue un rôle crucial dans la fixation des apprentissages, des expériences, de la mémorisation (mémoire associative) :

  • On observe alors qu'un chien qui fait de nouvelles expériences a plus tendance à s'agiter lors de son sommeil, il a une activité cérébrale plus importante.
  • De même lorsqu'il a beaucoup été sollicité, psychiquement comme physiquement, dans les heures précédentes.
  • Il serait même conseillé, après une séance d'éducation, de pouvoir laisser le chien dormir le plus possible, qu'il fixerait mieux les consignes. Voire que les grands dormeurs apprendraient mieux que les autres.
  • Ce n'est probablement pas le temps de sommeil qui sera le plus important, mais bien plus sa qualité, dans un endroit calme, en sécurité, sans être dérangé.
  • Il reste indéniable que plus un chien est sollicité, plus son sommeil paradoxal sera agité. Et qu'un chien qui pourra dormir calmement sera beaucoup plus reposé et disponible pour des relations fiables et conviviales.
  • Il serait alors plus juste de dire qu'un chien qui dort « mal » apprendra moins bien qu'un chien qui dort « bien », agité (rêve) ou non.

À quoi rêve le chien ?

Est-il possible que le chien puisse rêver à un lapin, s'en faire une image, une représentation mentale, et se mettre à le poursuivre en rêve ? C'est peu probable en ces termes.

Par contre, il est parfaitement possible que dans son sommeil paradoxal le chien puisse rassembler et assembler un certain nombre de critères : sensoriels, émotionnels, biologiques, et produire des mouvements et sons en rapport, même les fixer en mémoire :

  • Soit parce que des bruits ou odeurs externes, au moment de cette phase, lui font penser à une expérience antérieure similaire, ou stimulent des comportements spécifiques (salivation, grognements, etc.).
  • Soit qu'une nouvelle expérience est en cours de mémorisation (mémoire associative).
  • Soit que des phénomènes biologiques à l'œuvre (régulation, développement) activent des fonctions motrices liées.
  • Soit que des tensions (psychiques, nerveuses, musculaires) sont en cours d'expulsion.

Maintenant, l'univers du chien, son « Umwelt » (son monde propre), nous est plutôt inconnu (à part survie, reproduction et adaptation). Rêve-t-il à un bon gigot en croûte, une promenade en forêt, une séduisante partenaire, une partie de chasse ? Il rêve sans aucun doute (activité cérébrale), mais à quoi ? Peut-être tout simplement à être chien...

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