Le caractère sociable du chien

Écrit par les experts Ooreka

Le caractère sociable du chien est un point souvent mis en avant. En effet, grâce à une bonne socialisation du chien et sa capacité innée d'apprentissage (double empreinte), cet animal domestique peut entretenir d'excellentes relations avec l'homme.

Caractère sociable du chien : définitions

L'animal social

On dit être en présence d'une espèce sociale lorsque des membres de celle-ci :

  • Sont organisés en groupes d'individus durables.
  • Disposent de codes de communication communs.
  • Se partagent les tâches (collaboration).

Cette organisation peut revêtir des formes très variées et spécifiques à chaque espèce. Il n'y a rien de comparable, par exemple, entre la fourmi et le loup ou le lion et la hyène.

Bon à savoir : le chien ne pourra pas constituer de meute avec l'homme, n'étant pas de la même espèce et ne disposant pas des mêmes codes de communication.

La notion de comportement

Un comportement est défini comme l'ensemble des actions et réactions d'un individu dans une situation donnée :

  • Il peut varier considérablement en fonction de chacun, de son vécu, de l'environnement, des êtres en relation, de son état émotionnel et physiologique du moment.
  • Il peut être inné ou acquis, conscient ou inconscient, volontaire ou involontaire, automatique ou contrôlé.

Mais, pour qu'un groupe social puisse se constituer, vivre et se développer, il lui faut des codes communs, compris et acceptés par tous, c'est-à-dire des comportements sociaux.

Quels comportements sociaux chez le chien ?

De manière générale, les comportements sociaux sont la codification de certains comportements en vue de favoriser la communication, les échanges, la cohésion et la survie du groupe (reproduction, chasse, éducation et défense des jeunes). Ils peuvent être basés sur une hiérarchie stricte (hyène), une hiérarchie de castes (fourmis), une relation conviviale (bonobos), etc. Ce qui les distingue sont avant tout les rituels.

Les rituels

Les rituels ont pour but de diminuer, voire d'empêcher, le caractère ambigu d'une relation et de réduire des tensions. Ils sont même une méthode efficace de résolution des conflits. Ils sont souvent présentés comme des signaux dominance/soumission alors que ce sont majoritairement des signaux question/réponse (communication). Chez le loup :

  • Les rituels ne sont pas basés sur une soumission hiérarchique, mais sur un rôle pacificateur et éducatif des anciens vis-à-vis des plus jeunes.
  • Certains scientifiques n'hésitent d'ailleurs pas à penser que la société du loup serait la plus avancée après celle de l'homme, notamment du fait de l'observation de fréquents comportements altruistes (au bénéfice des autres et non pas pour soi).
  • Ainsi, de nombreux comportements de soumission sont avant tout des comportements d'apaisement qui permettent l'évitement des conflits ; l'un mettant fin à son attitude menaçante en fonction de critères qui nous sont relativement inconnus, mais largement observés.

L'apaisement

L'apaisement n'est pas la soumission d'un animal à un autre. Il s'agit d'une forme de communication complexe, mal connue, mais très efficace :

  • Ce comportement est en général réciproque, c'est-à-dire que le sujet qui « cède » le premier provoque un comportement d'apaisement chez son opposant. C'est cette réciprocité qui permet la fin du conflit.
  • Tout comportement conflictuel ou de soumission devrait être conclu par un comportement d'apaisement en retour, surtout de notre part.
  • On pourrait dire que ce type de comportement est surtout une marque de respect réciproque. C'est là le signe d'une organisation sociale très évoluée et pacifique, ce qui est sans aucun doute le cas du loup (au sein d'une meute bien sûr).

Ce comportement social permet aux loups de ne jamais avoir besoin de recourir à la force brutale et encore moins à la morsure qui décimerait la meute. D'ailleurs, en son sein, les blessures sont quasi inexistantes, car la toute première chose enseignée est l'inhibition à la morsure.

L'inhibition à la morsure

Le loup étant doté d'une mâchoire particulièrement redoutable, les morsures, si elles n'étaient pas parfaitement contrôlées, seraient létales presque à chaque fois. C'est par les rituels et l'apaisement que les conflits sont réglés, pacifiquement pourrait-on dire. Le simple fait de l'apparition du loup Alpha (meneur), sans même une menace de sa part, suffit souvent à calmer les agités qui le signifient en adoptant des postures respectueuses. C'est tout un processus d'apprentissage, dès la naissance, qui permet au louveteau d'intégrer les codes de la meute afin d'en favoriser la cohésion et la survie : la socialisation.

Sociabilité du chien : l'importance de la socialisation

Le caractère sociable du chien Woottigon Angworakul / 123 RF

Une socialisation précoce

La socialisation commence très tôt dans la vie du chien :

  • Probablement, dès la gestation, elle se manifeste par les signaux biologiques et sonores que reçoit le fœtus.
  • Après la mise bas, la socialisation comportementale débute réellement :
    • chez le louveteau, dès la première semaine alors qu'il est encore aveugle et sourd ;
    • chez le chiot, dès la quatrième semaine.
  • Puis, c'est au cours des 4 semaines suivantes que la socialisation se concrétise, même si les apprentissages, eux, durent encore plusieurs mois. Selon une étude menée par la biologiste Kathryn Lord, A Comparison of the Sensory Development of Wolves and Dogs, durant cette période (entre 4 et 8 semaines), il ne faudrait que 90 minutes pour pouvoir mettre en place une relation sociale fiable et pérenne entre le chien et l'homme, voire avec d'autres espèces et même des objets (voiture, vélo, aspirateur, etc.)

Socialisation aux congénères

Si l'on voulait déjà obtenir une socialisation maximale et fiable du chien envers ses congénères, il faudrait favoriser le plus souvent possible, au moins jusqu'à l'âge adulte :

  • des contacts libres entre eux ;
  • le mélange des jeunes et des adultes ;
  • aucune intervention humaine ;
  • la variété, autant que possible, des partenaires.

Il ne peut en effet pas y avoir meilleurs éducateurs pour un chien que d'autres chiens et chiennes. Vouloir intervenir trop tôt, surtout entre les chiens, avant que le développement social ne soit totalement accompli, sera plus une source de désocialisation que de socialisation. Ainsi, cette socialisation entre les membres d'une espèce aura une influence considérable sur les relations générales entre les chiens, mais aussi sur la relation à l'homme.

Socialisation à l'homme

Le degré de socialisation d'un chien à l'homme est très souvent mesuré par rapport à son degré d'obéissance, voire de soumission à ce dernier. C'est hélas une erreur de jugement qui peut avoir des conséquences assez fâcheuses. En effet, est-ce que l'on dirait qu'une personne sociable est une personne soumise, obéissante ? Il n'a pourtant échappé à personne que le chien était un très grand communiquant. Il sait se faire comprendre ou du moins essaie. Par contre, le comprenons-nous ? Et essayons-nous de nous faire comprendre de lui d'une manière compréhensible par lui ? Pourtant, ce qui le distingue de tout autre animal est une caractéristique unique, inégalée, innée : la double empreinte, une faculté hors du commun qui lui permet de donner un sens à nos propres comportements et d'apprendre à se comporter.

Le phénomène de double empreinte chez le chien

La double empreinte est une capacité naturelle à pouvoir se comporter d'une façon avec ses congénères et d'une autre avec l'homme, issue directement de la domestication et de sa socialité naturelle. Le chien doit donc pouvoir acquérir naturellement les codes des deux espèces. Cela explique l'importance de le laisser apprendre les codes canins sans intervention humaine afin de développer son sens social qu'il pourra ensuite beaucoup plus facilement transposer à ses rapports avec l'humain (inhibition à la morsure, évitement des conflits, etc.). C'est principalement par l'observation que le chien va pouvoir 2 choses :

  • Donner sens à nos émotions : cette observation de nos réactions émotionnelles sera alors essentielle pour que le chien sache se comporter dans une situation similaire. Si nous sommes calmes dans tel cas, le chien le sera aussi, si nous éprouvons de la crainte dans un autre, le chien se dira qu'il doit en éprouver lui aussi.
  • Ritualiser les relations principales : c'est le meilleur moyen pour lui de savoir que telle chose va se passer ou non. Le chien est très doué pour localiser nos signaux et comportements qui peuvent lui apporter un bénéfice. Il n'y a rien besoin de lui apprendre, il trouve de lui-même et à une vitesse incroyable, mais pas toujours de la façon que l'on attend ou espère. Ritualiser des comportements du quotidien est donc une excellente manière d'instaurer une communication fiable et efficace, plus que tout conditionnement.

Quand et comment bien socialiser son chien ?

La socialisation étant essentielle chez le chien et celui-ci possédant une capacité mimétique forte (double empreinte), il devient évident que le caractère sociable d'un chien se développe à plusieurs étapes de sa vie.

Pré-adoption

En matière de socialisation, tout commençant à la quatrième semaine, l'éleveur a une très grande responsabilité envers le chiot, sans que l'on puisse dire si l'élevage familial a vraiment plus de vertus que l'élevage professionnel. À vrai dire, c'est à peu près équivalent. On distingue 2 types de facteurs qui aident à la socialisation :

  • Bien sûr, les sons, les odeurs, les mouvements, la présence d'autres espèces animales vont habituer le chiot à l'environnement humain.
  • Mais, ce qui pemettra véritablement son adaptation sera les signaux que sa mère lui transmettra, car c'est elle et elle seule qui « juge » de ce qui est bon ou non pour ses petits.

Ainsi, le comportement humain avec la chienne et les chiots est essentiel :

  • Manipuler les chiots en croyant les habituer à nous est une erreur fréquemment commise. En effet, si la mère est inquiète de cette attitude (même si elle est absente à ce moment-là), elle le communiquera à ses petits qui pourront développer de la méfiance vis-à-vis de l'humain.
  • Par contre, tout ce que la chienne leur transmettra de « positif » sera intégré à vie chez le chiot :
    • Si elle leur permet d'aller vers les humains et autres, sans restriction, alors la partie est gagnée. La relation avec la chienne est la clé de la socialisation du chiot.
    • Mais pourtant rien n'est définitivement perdu si cela n'était pas le cas. Ce sera juste dommage d'avoir loupé cette occasion unique et naturelle.

Après deux mois

Le plus important sera de pouvoir continuer le développement du sens social spécifiquement canin en permettant au jeune chien le maximum d'interactions :

  • avec des congénères (socialisés) ;
  • avec les humains en les dissociant bien (pas d'intervention entre les chiens).

La meilleure solution sera de permettre au chiot d'observer nos comportements et d'y réagir naturellement. Il suffira alors, généralement :

  • d'encourager les comportements désirés ;
  • de ne prêter aucune attention aux comportements indésirables.

Attention, nous parlons ici de socialisation uniquement. Mettre en place une communication fiable et plus élaborée sera un autre point à envisager sous l'angle de l'éducation.

À l'âge adulte

Un chien apprend et est capable d'apprendre de nous toute sa vie. Dès l'instant où un chien manifestera le désir de communiquer, qu'il proposera des comportements de lui-même, c'est tout simplement qu'il manifestera son envie de s'intégrer ou signalera des difficultés d'intégration (incompréhensions, par exemple). Et le conditionnement (obéissance) sera rarement la solution la plus adaptée.

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