Propreté du chiot

Écrit par les experts Ooreka

La propreté chez le chiot est une étape importante de son évolution. Chez le chien, elle correspond à un besoin de marquage phylogénétique, commun avec le loup et lié à son système rénal spécifique. Ce besoin et ce système sont les plus sûrs moyens de rendre propre un chien très vite, sans véritable apprentissage autre que celui d'utiliser ses facultés naturelles. Avec le chien, le chat est l'autre animal à pouvoir être « propre ». C'est pour ce félin une caractéristique innée (phylogénétique) de survie, afin de ne pas se faire repérer par d'autres prédateurs.

Propreté du chiot : le réflexe du marquage

Comment fonctionne le marquage ?

Chez les animaux territoriaux, le marquage utilise tous les moyens possibles et imaginables pour délimiter un territoire et signifier aux intrus qu'ils ne sont pas les bienvenus : urine, excréments, glandes odoriférantes, etc. Plus ils se feront remarquer, mieux le territoire sera délimité, identifié. Toutefois, ce type de marquage n'est qu'une expression d'un mode beaucoup plus général de communication, car bon nombre d'animaux non territoriaux l'utilisent également. D'ailleurs, ni le loup gris ni le chien ne sont des animaux territoriaux. Ils sont plutôt considérés comme des animaux sociaux et le marquage est avant tout un puissant vecteur de communication entre les individus d'un groupe.

Système rénal du chien

Pour pouvoir disposer de l'urine à des fins de marquage, le chien dispose d'un système rénal bien spécifique dont la caractéristique essentielle est d'être conçu pour retenir l'urine, la stocker. Ce système est d'ailleurs commun au chien et à la chienne, ce qui va grandement faciliter leur apprentissage de la « propreté », de manière très simple et rapide.

Le marquage chez le chien

Les utilisations du marquage chez le chien sont multiples :

  • pour donner des informations sur sa présence, son âge, sa taille, son état de santé, son état émotionnel, sa détermination ;
  • pour baliser son chemin, savoir par où et quand il est déjà passé, si c'est un lieu inconnu, ce qu'il y a ressenti (peur, par exemple) ;
  • pour masquer des odeurs inquiétantes (par exemple phéromones de peur laissées par un autre chien) ;
  • pour se rassurer.

Cela représente tout un langage dont beaucoup d'aspects nous échappent. En favorisant ce type de communication naturel et important, nous ne ferons qu'utiliser les facultés du chien à se retenir. Il pourra bien sûr vouloir, à la maison, utiliser également le marquage (masquage d'odeurs inquiétantes, indiquer sa présence, se rassurer, etc.). Il ne faudra toutefois pas longtemps pour lui faire comprendre qu'il y a un lieu pour ça : l'extérieur.

Influence de l'alimentation

L'étude d'un comportementaliste (Eric Laborde dans Bonne bouffe, bon chien – 2015) sur les déjections canines dans l'espace public a mis en évidence l'influence majeure qu'avait l'alimentation du chien sur ses déjections : fréquence, composition, odeur, consistance, poids et volume. Cela paraît évident à première vue, pourtant les résultats sont assez surprenants. Ils sont de 2 ordres :

  • Avec une alimentation industrielle, sèche ou humide, de marque distributeur, vétérinaire, de grande marque ou même bio, le poids des déjections se situe entre 30 et 50 % de la masse ingérée.
  • Avec une alimentation saine, naturelle, les déjections se situent entre 10 et 15 % de la masse ingérée, soit 50 à 70 % de moins. Le loup gris se situe en général à 10 %.

Cette influence va avoir des conséquences très nettes sur :

  • la capacité du chien à pouvoir se retenir ;
  • la fréquence et les horaires de ses sorties ;
  • plus généralement sur l'évolution de son état de santé : incontinence, diarrhées, colon, pancréas, reins, etc.

Propreté du chiot et système de digestion

Un grand loup gris ingère entre 3 et 4 kilogrammes de viande en un seul repas. Il passera ensuite entre 34 et 38 heures à le digérer. Comme ce n'est pas un animal territorial et que les excréments, par leur plus forte odeur et pouvoir de dispersion, sont de nature à trop attirer l'attention d'autres prédateurs ou autres meutes, il va préférer s'éloigner du groupe et très souvent trouver un buisson pour déféquer.

En revanche, un chien mange nettement moins en un seul repas, mais a surtout un cycle de digestion beaucoup plus court, entre 8 et 12 heures :

  • Cela veut déjà dire que s'il prend 2 repas par jour (fractionnement), cela produira 2 cycles de digestion, et donc 2 besoins distincts, à 2 moments éloignés de la journée.
  • De plus, suivant le type d'alimentation, industrielle ou naturelle, un chien peut avoir besoin de plusieurs sorties par jour (fréquence accrue). Également, l'encombrement du colon, donc l'urgence de devoir le vider, sera proportionnel (moins de capacité de retenue).
  • Néanmoins, tout comme le loup gris, le chien préférera toujours faire ses crottes hors de son lieu de vie, pour peu qu'on l'y encourage « naturellement ». L'apprentissage du caniveau peut alors être simple puisqu'il correspond à ce besoin de « dissimulation ».

Ainsi, on pourrait pratiquement dire que le chien est programmé pour être « propre ». Il suffit dès lors de profiter de ses caractéristiques naturelles, sans grand besoin d'apprentissage. Sans oublier que la réglementation, à défaut de civisme, nous oblige à ramasser ses matières fécales et que le port de sacs à cet effet est indispensable (amende de 35 euros).

Propreté du chiot : quelles attitudes adopter ?

Propreté du chiot Mathew Hayward/123RF

Avec un chiot

Avant l'âge de 3 ou 4 mois, le chiot est incapable de se retenir. Il faut donc privilégier le maximum de sorties :

  • principalement le matin au réveil et le soir au coucher, après le cycle de digestion ;
  • ou si vous voyez qu'il boit beaucoup, après une activité physique (jeu, par exemple) ou une sieste prolongée.

Commencer très tôt à le sortir dans des endroits où passe beaucoup de chien, afin de stimuler son instinct de marquage, le laisser flairer un maximum, sera toujours la meilleure et la plus rapide des solutions. Dès que vous constatez que le chiot commence à répondre en promenade aux sollicitations odoriférantes, à solliciter la sortie (agitation, tortillement, approche de la porte) entamez un bref apprentissage :

  • Félicitez-le pour avoir demandé, puis ouvrez la porte ou partez en promenade.
  • Dans le même temps, pour renforcer cette sollicitation, si vous le voyez s'oublier, dites un « non ! » ferme (mais sans méchanceté), avec un geste de la main qui appui votre propos (c'est encore mieux), puis ouvrez très vite la porte ou partez en promenade.

En revanche, sachez qu'il ne sert à rien de :

  • Féliciter un chien de faire dehors ou de ne pas faire à la maison.
  • Essayer d'obtenir des déjections sur commande (ordre ou mot spécifique).
  • Punir un chien qui vous sollicite sans réponse de votre part et qui va s'oublier. S'il peut se retenir un temps, il ne faut quand même pas exagérer, ce n'est pas un robot (surtout s'il est nourri industriellement).

Avec un adulte

Avec un chien adulte, on agit quasiment de la même façon, sauf que l'on va passer directement à l'apprentissage :

  • Favoriser le comportement de marquage par des promenades dans des lieux fréquentés par d'autres chiens.
  • Intervenir (« non ! » ferme) à chaque fois que le chien va faire mine de s'oublier en notre présence.
  • Lui permettre de sortir en renforçant par des félicitations sa sollicitation à vouloir le faire.

C'est en général très rapide :

  • Le chien va très vite comprendre qu'il vaut mieux se retenir (système rénal conçu pour ça) afin de pouvoir communiquer avec son environnement (marquage) plutôt que faire n'importe où, n'importe comment.
  • De même, il préférera faire ses crottes à l'écart de son lieu de vie (programmation).

Une fois qu'il a compris tout cela, nous n'avons plus qu'à gérer la situation en fonction de :

  • son alimentation (fréquence et encombrement du colon) ;
  • son activité (transit intestinal) ;
  • ses cycles de digestion.

Ainsi, un chien nourri naturellement a rarement besoin de déféquer plus d'une fois par jour et peut facilement attendre le moment que nous choisirons pour se libérer. Bien qu'il puisse le faire, uriner une fois par jour n'est pas suffisant, car cela pourrait entraîner des problèmes urinaires et rénaux importants. Au réveil notamment, après une « longue » nuit qui est souvent digestive (dont le travail rénal), le besoin est particulièrement important.

Idées fausses et attitudes à bannir

Face à un chien qui s'oublie, les attitudes humaines sont parfois non appropriées, voire traumatisantes pour l'animal. Il faut donc bannir les réactions suivantes :

  • Mettre le nez du chien dans ses excréments. Le rapport du chien aux déjections de toutes sortes est loin d'être identique au nôtre. En effet, il n'en éprouve aucune répugnance et passe même beaucoup de temps à en analyser les composants chimiques, voire en consommer. Par conséquent :
    • Lui mettre le nez dans les siennes de force ne peut pas être compris, de quelque façon que ce soit, de sa part.
    • Ce geste nous fera seulement paraître brutal, incohérent et peu fiable.
    • Mais il ne saura jamais pourquoi nous le maltraitons ainsi.
  • Ne pas nettoyer ses oublis en sa présence. Cela risquerait de lui faire croire que ses déjections nous font plaisir, or c'est tout le contraire :
    • En montrant au chien que nous sommes capables de faire disparaître les odeurs associées, ce qui ne manquera pas de le surprendre, le chien préférera les disséminer là où elles auront une chance de pouvoir se fixer (marquage).
    • Cela pourrait se concevoir avec les crottes dont la disparition serait de nature à le rassurer (éviter d'attirer l'attention), sauf qu'il n'est pas naturel, pour un chien comme pour un loup gris, de déféquer sur son lieu de vie.
    • Enfin, bannissez l'eau de Javel car son odeur n'attire pas les chiens, mais au contraire, est désagréable, inquiétante et il tentera de la recouvir de son urine pour se rassurer.
  • Ne pas exprimer son mécontentement une fois l'incident terminé. Rentrer et trouver un chien tout penaud (ou guilleret) à côté d'un bon paquet de crottes encore fumantes ou voir le tapis largement auréolé est de nature à nous faire sortir de nos gonds. Néanmoins, le punir, le réprimander, marquer notre mécontentement, l'enfermer dans une pièce pour qu'il réfléchisse à ce qu'il a fait n'apporteront aucun bénéfice, ne pourront pas être compris en tant que tel et ne lui apprendront rien. En effet, c'est une loi incontournable de l'apprentissage, la loi de contiguïté temporelle :
    • Pour qu'il y ait apprentissage, la réaction doit impérativement accompagner ou suivre immédiatement l'action. Dans ce cas, le chien sait qu'il a fait une bêtise.
    • Si le chien n'est pas pris sur le fait, il n'aura pas la capacité d'associer notre mécontentement à sa bêtise.
    • Dans ce cas (sur le fait), il faut toujours préférer la bienveillance (« non ! » ferme, mais sans méchanceté), puis la solution (ouverture de la porte ou départ en promenade).

Par ailleurs, il est bon de contrecarrer 2 idées fausses, trop souvent tenues pour vraies :

  • Le chien voudrait dominer l'humain avec son marquage. Avec le marquage du territoire, le chien marquerait le logement comme lui appartenant. Cet acte serait également un signe de tentative de domination de l'humain, principalement lorsqu'il urine sur notre propre urine (chez les messieurs) afin de signifier « c'est moi le chef, celui qui a le dernier mot ». On ne répétera jamais assez que :
    • Le chien n'est pas un animal territorial.
    • Et il n'existe pas de formes de domination interspécifique, c'est-à-dire entre des individus d'espèces différentes.
  • Le chien connaîtrait la notion de vengeance. En l'état actuel des connaissances scientifiques, malgré de très grands chercheurs comme Boris Cyrulnik (éthologiste et psychiatre), l'accès de l'animal au symbolisme (concepts) n'a pas encore pu être établi :
    • La forme hautement symbolique qu'implique la vengeance (intentionnalité, préméditation) ne peut donc pas être retenue et bien d'autres facteurs plus basiques sont plus logiquement avancés (peur, inquiétude, stress, relation conflictuelle, insécurité, excitation, etc.).
    • Même l'éléphant, qui serait capable de reconnaître une personne l'ayant maltraité des années auparavant, qui s'en vengerait alors, ne fait que reconnaître une menace potentielle (mémoire associative) et l'empêcher par une agression. Le chien aussi sait le faire, par exemple :
      • en associant journal = douleur, s'il a déjà été frappé avec ;
      • en reconnaîssant l'odeur d'une personne qui l'aurait maltraité dans le passé.
    • Se vengera-t-il ? Menacer la personne ou l'agresser, oui, très probablement, mais surtout pour éviter que se produise la maltraitance liée (expérience en mémoire).

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